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Marcel Amon Tanoh : le retour de l’enfant prodigue

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Le revoilà sur le devant de la scène. L’on se souvient encore de la prise de parole de Marcel Amon Tanoh, le 10 octobre 2020 au stade Félix Houphouët-Boigny, lors d’un meeting de l’opposition ivoirienne.  


Deux ans après cette sortie, Marcel Amon Tanoh est de retour auprès d’Alassane Ouattara. Le président ivoirien l’a choisi pour le poste de Secrétaire exécutif du Conseil de l’entente. Qu’est-ce qui a milité en faveur de l’ex-frère devenu par la suite « ennemi » ?

Marcel Amon Tanoh est de nouveau dans les bonnes grâces du président ivoirien. Alassane Ouattara lui confie une nouvelle mission : celle de conduire le secrétariat exécutif du Conseil de l’Entente, organisation sous-régionale qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Togo.

Mais cet « amour » entre les deux hommes n’a pas toujours été au beau fixe. Courant 2020, l’ex-ministre des Affaires étrangères avait pris ses distances d’avec le chef de l’État. Le 10 octobre au stade Félix Houphouët-Boigny, Marcel Amon Tanoh qui venait de démissionner, quelques mois plutôt, de sa fonction de ministre, s’était montré très virulent à l’endroit d’Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession à la présidentielle du 31 octobre 2020.

« Il ne faut pas avoir peur… Nous sommes prêts et nous ne reculerons plus… Nous sommes la Côte d’Ivoire de la majorité. Nous sommes la Côte d’Ivoire de la force tranquille… Nous sommes prêts à mourir pour notre pays. Nous sommes prêts à mourir pour libérer notre pays de la dictature d’Alassane Ouattara. Nous ne reculerons plus devant rien. Nous sommes debout. Nous en avons marre. Dites-lui de libérer notre pays et de nous le rendre ! », avait-il lancé comme d’autres opposants qui ont dénoncé à cette époque une candidature « illégale » et « anticonstitutionnelle » du président ivoirien.

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« Ouattara, le père qui sait pardonner »

Selon des observateurs, ce rappel dans la sphère de décision de Marcel Amon Tanoh, participe de la stratégie politique du président ivoirien de conquête de la région du Sud Comoé. Dr Geoffroy Julien Kouao est de cet avis. « À l’observation, Alassane Ouattara a parfaitement lu Nicolas Machiavel et surtout les 48 lois du pouvoir de Robert Green. Dans la conquête du pouvoir, hier, dans l’exercice du pouvoir, aujourd’hui, il fait preuve d’habileté et de stratégie. Il ne se fie pas à ses amis, il utilise ses adversaires et les oblige à se battre sur son terrain. Avant-hier, c’était avec Gbagbo dans le cadre du front républicain, hier c’était avec Henri Konan Bédié avec le RHDP. Aujourd’hui, dans la gestion du pouvoir, il remporte des victoires sur ses adversaires par ses actes et non par ses discours. La nomination de Amon Tanoh s’inscrit dans cette logique. Ouattara s’attribue la figure tutélaire du père qui sait pardonner. Ouattara fait de la politique. Il sait très bien qu’avec le retour de Gbagbo, le sud Comoé ne sera pas facile à conquérir électoralement.  Dans cette optique, Amon Tanoh est un cadre incontestable », analyse pour 7info, le politologue et écrivain.

On se souvient également que les propos tenus par l’ancien ministre étaient peu appréciés dans l’entourage immédiat de l’ex-conseiller spécial d’Alassane Ouattara. La chefferie traditionnelle avait même marqué son indignation. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté et la dernière énergie ces propos d’une gravité sans borne et d’une déchéance morale faisant courir un risque à notre Pays », s’étaient désolés 43 chefs traditionnels du Sanwi dont est originaire Marcel Amon Tanoh, et qui par une pétition avait décidé d’exclure l’ex-ministre comme fils du royaume et du Village d’Eboué.

Dans la foulée, l’ex-collaborateur d’Alassane Ouattara qui a passé 30 ans de sa vie aux côtés du président ivoirien avait aussi décidé de se porter candidat contre lui. Une décision prise peu après une surprenante démission de sa part du ministère des Affaires étrangères.

Mais deux mois après ces décisions, le fils de l’ex-ministre de l’Éducation nationale de Côte d’Ivoire a revu sa position. Dans une déclaration sur sa page Facebook, Marcel Amon Tanoh reconnaissait avoir commis une erreur. Il présente ses excuses au président Alassane Ouattara. «J’ai conscience d’avoir profondément heurté le Chef de l’État, à qui je tiens à présenter publiquement mes sincères excuses », a-t-il regretté. « Je pense notamment aux propos que j’ai tenus le 10 octobre 2020, au stade Félix Houphouët-Boigny, envers le Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara », ajoutait Marcel Amon Tanoh.

Cette repentance a-t-elle pesé dans sa nomination actuelle ? Pour Geoffroy Julien Kouao, avec son expérience de diplomate, l’ex-ministre est tout simplement la personne qui convient  à ce poste. « Amon Tano a dirigé le ministère des Affaires étrangères, il est donc rompu à la diplomatie, et le conseil de l’Entente est une organisation internationale sous-régionale, en sus, c’est un politique, il a donc le profil parfait dont a besoin le président de la République pour consolider le leadership de la Côte d’Ivoire dans cette organisation dont le siège est à Abidjan ».

C’est dans la matinée du mardi 4 janvier 2022 que Marcel Amon Tanoh a pris fonction en sa qualité de nouveau secrétaire exécutif du Conseil de l’Entente, en remplacement du Dr Patrice Kouamé.

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